Imaginez que vous deviez ouvrir un compte bancaire. Avant, c’était un vrai parcours du combattant : prendre rendez-vous, imprimer plusieurs documents de plusieurs pages, cocher des cases, les signer, fournir des photocopies de votre carte d’identité, délivrer une preuve de résidence, patienter des jours pour que tout soit validé… Aujourd’hui, en cinq minutes, depuis votre canapé, votre portable à la main, c’est réglé.
Cette simplification est la conséquence de l’émergence des fintechs.
Le mot vient de la contraction de "finance” et de “technologie" et désigne toutes les entreprises qui utilisent la technologie pour améliorer, digitaliser ou réinventer les services financiers traditionnels. Les fintechs ont radicalement changé la donne : plus rapides, délivrant des services multiples, de façon digitale, plus accessibles et souvent moins chères, elles sont devenues difficilement contournables.
Ouvrir un compte bancaire sans frais, investir depuis une app (y compris pour des montants modestes), obtenir des informations sur vos placements en continue, se faire assurer en quelques minutes, payer en quatre fois sans frais, envoyer de l’argent instantanément à l’étranger sans se faire assommer par les frais… Tout ça, c’est grâce aux fintechs, qui innovent (on dit parfois qu’elles disruptent) des pans entiers du secteur bancaire et assurantiel.
L’innovation a toujours existé dans le secteur financier, mais cette innovation s’est concentrée sur le type de produits et de services que les acteurs traditionnels pouvaient fournir. La façon dont ces produits et ces services étaient délivrés aux clients est longtemps restée statique, les banques et les compagnies d’assurance étant soumises à une réglementation très stricte. Cette dernière forme une barrière à l’entrée considérable pour des nouveaux entrants.
Cela a donné lieu à des frustrations grandissantes parmi les clients. Leurs banques avaient des horaires rigides, furent très coûteuses, semblaient opaques et les soumettaient à des montagnes de paperasse (souvent perçues comme inutiles). Les parcours clients étaient complexes et (très) longs.
Depuis le début du siècle, les fintechs ont pris les problèmes à bras le corps en utilisant des nouvelles technologies pour remettre en question des usages et méthodes devenus archaïques et inefficaces. Leur objectif : simplifier (considérablement) l’expérience utilisateur, que cet utilisateur soit un trésorier d’entreprise, un épargnant en quête de placements, ou une personne souhaitant accéder à la propriété et recherchant des solutions d’emprunt pour financer l’achat de sa résidence principale.
Depuis leur apparition, elles se targuent d’utiliser les meilleures technologies du moment. En occurrence, aujourd’hui de nombreuses fintechs proposent des solutions qui reposent, en partie ou totalement sur :
Les fintechs qui réussissent ne cherchent pas nécessairement à transformer le secteur bancaire dans sa totalité dès le départ. Elles commencent par s’attaquer à un problème spécifique, souvent négligé ou maltraité par les banques traditionnelles, et y apportent une solution efficace. C’est cette approche ciblée qui leur permet de se faire une place rapidement.
Revolut en est un bon exemple. La société s’est développée autour d’un besoin simple mais crucial : permettre aux utilisateurs de payer et d’échanger des devises sans subir de frais et des commissions massives. À une époque où les banques appliquaient des marges importantes sur les taux de change, Revolut a proposé une alternative plus transparente et moins coûteuse, séduisant ainsi les étudiants, les voyageurs et les freelances travaillant à l’international.
De son côté, Qonto a choisi de répondre aux difficultés rencontrées par les indépendants et les PME pour ouvrir et gérer un compte professionnel. Ces démarches étaient souvent longues, complexes et onéreuses. Qonto a simplifié le processus avec une offre 100 % en ligne, pensée pour les entrepreneurs et libérée des lourdeurs administratives habituelles.
Lydia, quant à elle, s’est d’abord fait connaître en facilitant les remboursements entre amis, sans passer par un virement bancaire. Ce qui était à l’origine une solution pratique pour éviter l’échange d’espèces est rapidement devenu un réflexe pour des millions d’utilisateurs. Forte de ce succès, l’entreprise a ensuite élargi son offre à d’autres services financiers.
Ce qui unit ces fintechs, c’est une stratégie claire : identifier un besoin précis, puis construire et proposer une solution plus performante que celles qui existent.Une fois établies sur leur marché, elles ont toutes élargi progressivement leurs offres.
Cashbee est une application d’épargne et d’investissement française créée en 2018, avec pour objectif de simplifier la gestion de l’épargne pour les particuliers.
Voici ce que propose Cashbee :
Cashbee est agréée par l’ACPR (Banque de France), garantissant une sécurité optimale pour ses utilisateurs. Elle combine simplicité et performance, tout en offrant une expérience 100 % mobile.
Les fintechs révolutionnent les services financiers en offrant des solutions modernes et adaptées aux nouveaux usages. Si elles se concentrent principalement sur les services bancaires numériques, elles ne visent pas forcément à remplacer les banques traditionnelles, mais plutôt à compléter leur offre en apportant plus d’accessibilité et d’innovation.
Face à ce succès grandissant, les banques traditionnelles ont dû s’adapter. Elles ont toutes rapidement et significativement améliorés leurs offres de service digitales. En outre, plutôt que de considérer les fintechs uniquement comme des concurrentes, elles nouent souvent des partenariats avec ces jeunes acteurs innovants et agissent pour enrichir leurs propres services.
Un exemple notable est le partenariat entre la fintech Lydia et le groupe bancaire Crédit Mutuel Arkéa. Lydia, spécialisée dans le paiement mobile et le transfert d’argent instantané, a bénéficié du soutien d’Arkéa pour développer son offre bancaire, tout en permettant à la banque d’accéder à une clientèle plus jeune et connectée. De même, des banques comme BNP Paribas collaborent avec des fintechs comme Nickel, qui propose des comptes sans conditions de revenus accessibles en quelques minutes chez les buralistes.
En définitive, l’essor des fintechs ne signe pas la fin des banques et des sociétés d’assurance, mais accélère leur transformation. Cette complémentarité permet aux consommateurs de bénéficier d’un écosystème financier plus fluide, efficace et adapté à leurs besoins.
Bien que les fintechs transforment le paysage financier en proposant des solutions innovantes et accessibles, elles ne remplacent pas les banques traditionnelles pour autant. Aujourd’hui, la majorité des particuliers et des entreprises continuent de faire confiance aux banques pour leurs opérations financières essentielles. En effet, ces institutions bénéficient d’une longue histoire, d’une stabilité financière et d’une régulation stricte qui rassurent les clients.
Les banques conservent un avantage indéniable dans des domaines clés comme les prêts immobiliers, la gestion de patrimoine ou encore la sécurité des dépôts. Toutefois, l’évolution des technologies financières est fulgurante. Si les fintechs ne sont pas un simple phénomène passager, leur essor oblige les banques traditionnelles à se moderniser et à innover pour répondre aux nouvelles attentes des consommateurs.